- 2013Septembre - octobre: Maison de la culture Côte-des-neiges, Montréal
- 20122.12. - 3.2.2013, Centre national d'exposition de Jonquière, 4160, rue du Vieux-Pont, Jonquière
- 20125.10 - 11.11.2012, In Residence, Rona Rangsch, com. Laboratorium, Küenstlerhaus Dortmund, Allemagne
- --- STRANGENESS At night, my camera takes picture blindly and becomes like the eye of a robot. The process can be described with a vocabulary nearly judicial: camera as an instrument of investigation, exploration of sites, searching, meticulous examination, reconstitution, revelation, "world of darkness". My point of view is the following: during the day, the sun would hide as much as it would reveal; at night, I take images out of obscurity. In fact, each image is built on a computer screen and becomes a "discovery" that moves me each time (such as the archeologist that discovers something unknown). The nocturne atmosphere, the raw light of the flash, the effects of perspective create a climate of strangeness and mystery; everything seems both real and unreal, natural and artificial. It is this tension between reality and fiction that I find interesting. Sometimes, I happen to think that I am painting with photography. I am fascinated by the painting of landscapes, the one of the pre-impressionism era, for example when painters seemed to be obsessed by painting the "truth" by imitating nature with studied perspectives, dramatic stagecrafts, huge trees celebrating the greatness of nature, luxuriant vegetation, magnificient skies, tormented seas, etc. It was like a fight against or with reality. We cannot say that what we see is real but we cannot say it is unreal either. This is also part of my questioning. Over the years, my vision of nature has changed and the consciousness of nature (it may need another word to name the reality which we can associate to the nature). With new biotechnology for example, the line between natural and artificial, between organic and synthetic is thinner otherwise absent. Science will always facing great puzzles but how to address it has changed. Also as an artist, my vision has changed and to me, the reality represented in my images appears contaminated by fiction - which seems natural seems artificial, what is real seems unreal. As the microscope can reach the very small and the telescope the infinitely large, digital camera allows me to approach the real. I operate by capturing up to 250 photographs on the same site then doing comparisons and connections. What interests me in the picture is strangeness, as the archaeologist discovering the unknown buried in the dark soil. ∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞ Sculptures de réel Je pense en 3d ∞∞∞∞∞∞∞ Je n’aurais pas fait ces images si je n'avais pu y créer un effet de perspective, une impression de profondeur, une apparence de réalité. Ce qui m’intéresse dans le réel est sa présence comme phénomène et la conscience qu’on peut avoir de son existence. Qu’est-ce que le réel? Pour moi l’important n’est pas de répondre à cette question mais le fait de la poser représente un défi excitant. Mon travail s’inscrit aussi dans le courant qui revisite la nature comme objet. Au cours des dernières années, ma vision de la nature a changé notamment à cause de divers événements scientifiques comme les biotechnologies où la frontière entre naturel et artificiel ne semble plus exister. Mais ma vision a changé pour une autre raison: ma démarche d’artiste. Ainsi, j’ai d’abord cette position : le jour le soleil cacherait autant qu'il ne révèle. Je repère un site puis j'y retourne la nuit pour prendre plusieurs photos mais à l’aveugle, c’est-à-dire que je ne cadre pas, ne discrimine rien, ne regarde pas dans la caméra qui devient comme l’oeil d’un robot; une manière de tenter l’objectivation. J’appelle le procédé captation. Les flashs successifs découpent et illuminent chaque objet; s’en suit une impression de déréalisation, la nature soudain artificialisée, la réalité décalée, imprégnée d’étrangeté. Comme le microscope permet de rapprocher l’infiniment petit et le télescope l’infiniment grand, ma caméra permet de me rapprocher du réel. Je m’en sers comme d’un scanner. L’image finale est une construction sur ordinateur mais ressemble à une photographie. En très grand format (10 par 16 pieds et plus) les images interpellent physiquement, on a envie d’y pénétrer dans une sorte de corps à corps pour y inventer sa propre fiction; réalité et irréalité, vision et illusion se confrontent. On ne peut plus trouver un point idéal où se fixer. On se déplace pour les appréhender, mobile, recherchant ce qui en réalité serait plus réel que la réalité même. Depuis que je suis tout jeune, j’ai toujours regardé longuement les arbres avec le sentiment de leur importance - leur taille souvent gigantesque et leur proximité familière m’ont toujours impressionné. Le premier peintre québécois qui m’a accroché est M.-A. Fortin. Les arbres me fascinent d’abord parce qu’ils sont là comme disent les alpinistes à propos des montagnes qu’ils ont envie d’escalader. Les arbres sont un des éléments de la nature les plus sculpturaux et ce n’est pas sans raison si leur présence luxuriante dans la peinture (Classicisme, Romantisme, Impressionnisme, etc.) est toujours signe de l’importance de la nature; ils font le lien entre la terre et le ciel, ils sont les piliers de la maison, ils nous ancrent dans le réel, près d’eux nous prenons la mesure de notre position humaine dans l’environnement. Dans un questionnement sur le réel, ils sont des sujets idéals.